GUY JOUARY
57, rue d'Orsel - 75018 Paris Montmartre - France - Tél: +33 1 42 52 44 73 - +33 6 41 42 12 08
 
 
Je prononçais une conférence sur les liens entre l’art paléolithique et la peinture contemporaine à la Galerie Hus de Montmartre, à un jet de pierre de l’atelier de Guy Jouary. J’avais notamment montré lors de cette soirée à quel point les Vénus préhistoriques – celle de Lespugue en particulier – avaient inspiré les peintres et sculpteurs du XXe siècle, de Picasso à Dubuffet et de Zadkine à Moore, et relevé combien les figurations de sexes féminins étaient nombreuses dans l’art pariétal sur tous les continents depuis au moins trente mille ans.

Ce qui me frappa lorsque je découvris l’atelier de Guy Jouary, c’est cette profusion de corps et de sexes féminins peints, griffés, sculptés, modelés, suggérés par le travail de toutes les couleurs et de toutes les matières. De même que nos ancêtres paléolithiques avaient choisi dans les grottes mêmes des lieux et des teintes de roches où ils espéraient sans doute pénétrer l’invisible repère de la vie, de la mort et du plaisir, je me trouvais entouré de centaines d’œuvres entassées ou accrochées aux murs qui me parlaient les mêmes mystères et les mêmes pulsions. De la toile, du bois, du grillage, des filets de pêcheur ou de sacs de moules dansaient avec la peinture pour fixer nos angoisses et nos désirs.

Et Guy était là, ouvrant une belle bouteille de vin de Collioure que l’on aurait cru vinifié pour rimer avec ses œuvres. Rien de nouveau depuis Chauvet ou Lascaux : des émotions et pensées jetées hors de soi selon une étrange alchimie au bout de laquelle – plus étrange encore – on retrouve notre vécu intime fixé là, hors de soi, dans la matière. J’ai trouvé sans le lui dire que son œuvre était paléolithique. C’est alors qu’il m’a tendu deux photographies d’une peinture et d’une sculpture qu’il avait signées. La première représentait une Vénus blanche de trois mètres de hauteur, posée sur l’herbe en Anjou. La seconde représentait une peinture de près de six mètres de long, intitulée Les Cro-magnons de Trélazé. Lui qui avait déjà créé une Vénus aux moules et une Femme au miroir, visiblement inspirées des Vénus préhistoriques, il observait ma réaction ave l’œil rieur du gamin qui venait de jouer un bon tour. Je n’avais pas rêvé : c’est par ce magnifique héritage humain que Guy Jouary inscrit sa propre rime dans l’histoire de la peinture. Cela valait que l’on trinque à la santé de la création. Ce n’est plus seulement un nom propre que nous avons en commun.
Jean-Paul Jouary, philosophe
 
I was giving a conference on the ties between Paleolithic art and contemporary painting at the Hus Gallery in Montmartre just a stone’s throw from Guy Jouary’s studio. I had been demonstrating how the Stone Age representations of Venus, in particular the Lespugue Venus, had influenced twentieth century painters and sculptors, from Picasso to Dubuffet and from Zadkine to Moore. Moreover I pointed out how frequently female genitalia had been depicted in cave paintings over the last thirty thousand years and on every continent.

What struck me when I discovered Guy Jouary’s studio was the profusion of female bodies and genitals – painted, etched, modelled, suggested in works using every imaginable colour and material. Just as our paleolithic ancestors working with evocative rock pigments in their caves had no doubt been seeking to fathom the invisible recesses holding the secrets to life, death and pleasure, I found myself surrounded by hundreds of works, piled up or on the wall, speaking of the same drives and the same mysteries. Canvas, wood, wire, fishing nets or mussel bags, were ingeniously employed with paint to express our deepest desires and fears.

And one could well believe that the excellent bottle of Collioure wine that Guy was opening had ripened in the same way as his work. There’s nothing new since Chauvet or Lascaux : it’s the same strange alchemy that the artist is able to operate by projecting out into visible form the most intimate emotions and thoughts that he experiences within. Without saying so, I thought his work was quite paleolithic. He then showed me two photos, one of a sculpture and the other of a painting he had done. The first was of a three-metre high white Venus that stood on a lawn in Anjou. The second one was of a six-metre long painting bearing the title The
Cro-Magnons of Trélazé. He had already done a Vénus aux Moules and a Femme au Miroir and was obviously inspired by the prehistoric Venuses. Smiling, he watched my reaction like a child who’d just played a joke. No I hadn’t imagined it, Guy Jouary had indeed with this magnificent legacy left his own personal mark on the history of painting : this definitely called for us to drink a toast to creation. Now it’s not just our name that we have in common.
Text by Jean-Paul Jouary, philosopher
 
 
Cobalt II - Monotype 56X76 Déesse et Démone - Monotype 56X76 Philadeplhia I - Linogravure 13X18 Réveil à Collioure - Linogravure 21X29.7
 
Pampelune - Gravure cuivre 14.5X14.7 Coteaux de Peyriac I - Gravure cuivre 29.9X39.5 Coteaux de Peyriac V - Gravure cuivre 29.5X39.5 Démons II - Gravure zinc 29.5X39.3
 
Vénus aux moules - Statue H 81 X L 33 X P 19 Madone - Statue H 87 X L 35 X P 26 La Ligérienne - Statue H 262 X L 102 X P 188
 
 
© Guy Jouary 2014